mercredi, 10 octobre 2007

C’est mon ami que le vent emporte (fin).

C’est curieux comment mon cerveau peut réagir. Il se protège et régit (pour la plus part du temps) assez bien ses flux de sentiments, ses rêves, ses perplexités et ses aprioris. Il tri, oblitère, archive ses mauvais enregistrements. Il me garde les meilleurs qu’il me renvoi parfois édulcorés ou singés. De belles images, de beaux souvenirs ou de beaux mots. Il sait  faire cela doucement avec moi. Il me connaît. Il sait qu’un mot, qu’une image de trop et mon cœur l’en empêche en se serrant fort dans ma poitrine me glaçant la nuque pour m’inonder ensuite les yeux d’eaux de chagrins. Mon cerveau et mon cœur son complice avec mes yeux. Ils me gèrent.

 

Je n’ai pourtant rien géré aujourd’hui. J’ai beaucoup pleuré pour avoir accompagné mon ami…loin très loin. Mon compagnon et complice de labeur. J’ai pleuré de le voir si jeune et sans vie. J’ai pleuré de ne pouvoir vivre avec lui d’autres instants…de précieux instants. J’ai pleuré de ne plus le voir entrer au bureau, ôter son casque et écarter ses bras et l’entendre me crier « Salut beau gosse, comment vas-tu bien aujourd’hui ? Moi j’ai la patate de nom de Dieu ! ». Son Dieu l’a peut être trop entendu. Son Dieu s’embête-t-il la haut, là-bas. Son Dieu l’a-t-il appelé pour profiter de sa joie de vivre. Son Dieu a préféré l’avoir avec lui. C’est ainsi…Ce sont ami que le vent emporte… Ou les Dieux… je ne sais pas. Rien. Existe-t-il même ? Pourquoi nous l’avoir pris, volé…

 

Avec le temps, oui avec lui, car il n'est rien de plus précieux que ce temps, puisque c'est le prix de l'éternité…Mon cerveau me donnera de belles images pour que mon cœur puisse ordonner a mes yeux de se plisser mais de ne pas pleurer. Plisser de nostalgies heureuses et de fierté d’avoir eu un si bon ami…Un si bel ami. Il me donnera aussi l’éternité de ne pas l’oublier. Jamais.

 

C’est écrit.


Je t’aime mon ami. Fais un beau voyage.
Adieu mon ami, a Dieu, a ton Dieu et que mon bisou soit avec vous deux…quelque part… la haut, là-bas.

20:05 Publié dans Pourquoi suis-je né | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note

lundi, 08 octobre 2007

C'est dur

Vos commentaires, messages téléphoniques, vos texto ou emails me touchent énormément…M’aident aussi.
Merci a vous tous. Je suis ému de cela et j’embrasse fort le cœur de chacun d’entre vous.
Je me relève doucement…tout doucement.
Ma vie ne sera plus la même maintenant et je dois l’accepter.
Beaucoup de chose vont changer dans ma vie.
Moi, je pense rester moi-même…enfin j’essaierai.

Que mon bisou soit avec vous.

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mercredi, 03 octobre 2007

Ce sont ami que le vent emporte.

Un périf, une moto…La pluie
Le vent vient de souffler sur cet être qui m’est plus que cher
Un homme comme parmi vous, parmi nous.
Mon associé, mon ami, mon frère…
Celui que j’ai choisi.
Celui que j’aime.
Il m’a relevé, élevé et construit.
Lui est parti hier.
Nous nous sommes associé un jour par besoin ou par fascination de notre travail.
Puis par amour d’amitié ou par nécessité de l’autre.
Mon complice de tous les jours.
Mon complice d’instants précieux. 
Mon ami.
Que dire ou écrire moi qui suis orphelin maintenant.
Je pleure.
Je suis perdu.
Je ne sais plus.
Que cette vie m’est vide et insupportable aujourd’hui.
Tu es parti rejoindre ma fille.
Loin …
Pourquoi maintenant.
Mon Dieu que d’années.
Que de chemins parcourus ensemble…
Pourquoi une fin d’histoire…
Philippe je t’aime.
Tu me manques…
Je te pleure mon ami…
Tu me manques mon ami.

 

A Philippe qui m’a quitté le 2 octobre 2007 à 1h30 du matin.
Il est mon associé de cœur, mon ami, mon frère.

 

A Mary, sa femme

A Sophie sa fille

 

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mercredi, 26 septembre 2007

43 années de putain de claque !

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Il est commun de ne pas voir ses défauts, facile de les constater, malaisé de lutter contre eux, impossible de les cacher. Surtout à cet âge…je deviens vieux. Je me prends une putain de claque dans ma gueule

43 Ans. Putain d’âge à la con. Mon fils a plus de 21 ans. Je pourrais être bientôt grand père. Mes parents ont 70 ans passés. Mes amis ont pour la plupart plus de 35 ans. Je ne sais si je peux dire que je suis vieux ! Parfois oui, d’autre non. Mais putain de claque dans ma gueule.

Quarante ans et plus, c'est la vieillesse de la jeunesse, c’est pour moi maintenant mes derniers moments de vieux jeune ! Dans quelque temps, je serai un jeune vieux !
Cette vieillesse, cet alibi, cet événement inattendu, ce « porte coup » à la mémoire, ce câlin avec le temps. Tyran. Elle apporte une lucidité dont la jeunesse est bien incapable et une sérénité bien préférable à la passion mais elle est par elle-même une humiliation, une maladie…impitoyable, inguérissable. Je ne veux pas être lucide et serein mais fougueux et passionné car elle n'est pas autre chose que la privation de folie, l'absence d'illusions et de passion, une putain de vieillesse, putain de claque dans ma gueule.

Il y a les amis qui m’affirment ne pas faire mon âge… pour me faire plaisir, où peut être pour flatter mon égal de mec narcissique…ils me connaissent si bien. Si l'âme n'était que l'idée du corps. Mais je commence à avoir des manies de vieux garçon, de vieux con aussi. Je radote parfois. Ressasser des souvenirs est un signe de vieillesse. Je vois bien mon bas-ventre s’arrondir et qu’il devient difficile de le conserver plat sans manqué l’étouffement. Mes fesses devenir flasques et pendantes. Mon dos se courber un peu chaque jour. Mes pattes d’oie s’enfoncer pour en devenir des pattes d’autruche. Mon front se peler de crevasses qui me partagent le visage même si cette vieillesse m’attache plus de rides en l'esprit qu'au visage. Je m’arrache les poils du nez ou des oreilles. Ce soir je vais même regarder si je n’ai pas les couilles qui tombent et des poils blancs quelque part. J’ai déjà les tempes grisonnantes. Je deviens un vieux ! Putain de claque dans ma gueule.

C'est merveilleux la vieillesse... dommage que ça finisse si mal... écrivait P.Blaise. Je ne veux pas te contrarier mon cher Pascal…mais non ce n’est pas merveilleux. La vieillesse est si longue qu'il ne faut pas la commencer trop tôt. C’est la fumée qui est la vieillesse du feu. C'est une des pires humiliations, de ne rien recevoir que de la pitié.
N’ayez pas pitié je vous en prie, je ne suis qu’à cette ombre…de ma vieillesse. Bah ! Pas l’ moral du coup après avoir écrit toutes ces conneries. Ça vaut mieux que d'être mort.
Putain de vieillesse, putain de claque dans ma gueule…

 

Qu’un vieux bisou de vieux soit avec vous !

11:30 Publié dans Pourquoi suis-je né | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : gay, journal intime, homosexualite, mec, humour, clubing

samedi, 04 novembre 2006

Et de ce monde…

Oui je suis dans mon monde. Ce monde qui n’est pas une chose parfaite ou en voie de perfection. Chacun des instants, de rencontres porte déjà en soi sa grâce. Ou du moins une expérience. Des vies, des morts. Les gosses ont déjà le vieillard en eux, tous les nouveau-nés la mort, tous les mortels la vie éternelle…Dans mon cœur. Qui est ce joueur de dés ? Qui peut me donner le moyen de tromper le temps ? De considérer tout ce qui a été, tout ce qui est et tout ce qui sera ma vie dans l’avenir…comme cela tout devrait-il être parfait ? 

 

J’ai appris à mes propre dépens qu’il me fallait pécher par luxure, par cupidité, par vanité…souvent. Qu’il me fallait passer par les plus honteux des désespoirs pour refréner mes aspirations et mes passions. Il y a-t-il une perfection ?  J’ai juste appris a aimer mon monde tel qu’il est vraiment et à en faire partie…Avec ma vie et mes morts.

 

Je vois la Mort comme la vie, le péché comme la sainteté, la prudence comme la folie et il doit en être ainsi de tout. Je n’ai plus qu’a le vouloir et l’accepter. J’aimerais gagner sans risquer jamais de me nuire. Mais n’est-il pas trop tard ?

 

Les paroles servent mal le sens mystérieux des choses, elles déforme toujours plus ou moins ce qu’on dit. Les discours ou se glisse souvent quelque chose de faux ou de fou. C’est avec l’âge que tous ses mots on un sens pour moi maintenant.

 

Un jour, au Tchad, je devais avoir 10 ou 11 ans, ma nounou Yu  qui est bouddhiste, me regardait lancer des pierres dans l’eau du lac Tchad. Elle me souriait. Elle souriait toujours… Je me souviens mettre assit a coté d’elle. Elle pris la pierre que j’avais dans la main et que je n’avais pas lancé. Elle me dit d’un ton détaché (Les termes exacts je ne m’en souvient plus trop, mais le fond oui) « En voila une belle pierre, pourquoi ne l’as tu pas lancé ? J’étais très étonné de sa question car je jouais et c’était tout...cette pierre je la trouvais peut être belle. Elle regardait cette pierre en me disant : Tu sais, dans un temps plus ou moins éloigné cette pierre elle sera terre d’où naitra une plante, un  animal ou encore un être humain. Cette pierre n’est qu’une pierre…une chose de rien mais qui appartient au monde. Tu dois l’aimer, non pas parce qu’elle peut un jour être ceci ou cela, juste parce qu’elle est tout cela depuis longtemps…depuis toujours.

 

J’aime et aussi cette pierre dans sa petite boite.

 

Que le bisou soit avec vous.

10:45 Publié dans Pourquoi suis-je né | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note

jeudi, 02 novembre 2006

Pourquoi suis-je né (1)

Pourquoi suis-je né

 

Aujourd’hui, ce matin ou cette nuit, à écrire cela, je me dis qu’on n’oublie jamais rien. Non jamais. On oblitère, c’est tout. Un sceau sur toutes choses de la vie. Une marque, une date peut être ou encore une musique, mais rien en fait pour retirer au temps sa durée. Il n’y a d’essentiel, de fixant dans mes souvenirs, que la part d’initiation, tout cela inspire, marque, pour pétrir. Et ce qui suit n’est recevable que par l’être vivant vraiment. Il n’y a d’accomplissement que dans l’inachèvement. Ainsi, la mort, à chaque pas, chaque instant, devient vie. Je me suis inachevé jusqu’à l’ambiguïté!

 

Je suis né à Nantes le 26 septembre 1964, entre deux avions. Balance, ascendant balance, né en pleine révolution solaire… balance. Signe entier, rare et distinct. Maman repartait avec moi, a Djibouti, deux jours plus tard. Le suivant de ma vie ne fut fait que de déménagements de départs et de retours.

 

Papa était officier militaire. Maman était diplomate ou attachée d’Ambassade puis plus tard Consul. Tous deux sont en retraite. J’ai trois frères. Bruno le plus grand d’âge, mais le plus petit de taille, il a un garçon, mon filleul. Christophe, le beau blond, mon ainé à deux filles, mes deux nièces. Frederick le petit de la famille, le plus grand en taille 2.01m, vit avec Xavier depuis 16 ans. Tous ont une très bonne situation. Mes parents se rassurent. Ils en sont fiers.

 

Mon vrai prénom n’est ni Fodsy, ni Jeff c’est Jean-François. J’ai deux enfants : Nicolas, 20 ans en mai. Manon, 17 ans, dont a ce jour, 14 années passées au paradis, dans une galaxie que je m’en presserai de rejoindre le moment venu pour enfin me reposer de son manque près d’elle...

 

J’ai eu une enfance et adolescence très heureuse. Une pré-vie faite de voyages, de rencontres, d’images et d’odeurs. Nous avons vécu à Djibouti, Sénégal, Cameroun, Centrafrique, Tchad, Niger, Cote d’Ivoire, Tahiti, Los Angeles… Nous passions nos vacances en France, de juin à septembre, à Nantes au château de la Bretonnière ou à Pornic à la Villa Elbiart. Elève très moyen, voir médiocre, nul. Je débordais d’idées… d’amusements et de passions. Je me suis rattrapé vers mes 13 ans avec un certain don pour les maths. Une note de 18/20 me faisait déprimer. 4eme et 3eme passé à Los Angeles chez mon oncle suivit par les Ecoles hôtelières de Soissons puis Lausanne.

 

A 13 ans, j’ai ma première relation d’amour et de sexe avec une fille, duchesse maintenant. A 14 ans avec un garçon…mon cousin. J’ai rencontré ma seule femme…Corinne, mon ex, l’été 1976. Nous étions jeunes, beaux et frais. Il faisait chaud. Les vacances, nous les vivions ensemble, puis je repartais avec mes libertés le reste de l’année. En 1982, Corinne me demande en fiançailles puis en mariage. Demande inversée. J’aurais du, moi l’homme, lui faire cette demande. J’accepte en 1984. Corinne, de noble famille, était mannequin, tous voulaient lui grimper dessus, elle ne voulait que de moi. Flatté, je lui fais deux enfants. Nous divorçons plus tard.

 

1989 : rencontre du troisième type ! Fifi dit chacha. Je l’aime. Il est le parrain de mon fils. Brillant, Beau, intelligent-cultivé, détaché, égoïste-généreux génial, écrivain-journaliste-clubeur-fainéant. Il m’attendrit, me rassure et me rend amoureux de cette longue amitié. Demain il faut que je l’appelle pour lui dire combien je…

 

1992, première grande relation d’amour masculine, Philippe.R est apparut lors d’un accident ou il avait embouteillé mon 4x4 a Angers, nous nous sommes quitté que 5 ans plus tard. Il m’en reste des traces, des blessures et de la nostalgie.

 

Plusieurs petits amours ont suivi. Rien de profond, d’instance ou d’avenir !

 

Juin 2002 : rencontre avec Damien. Il a 21 ans, moi 37 ans. Il ne connaît rien en amour, en sexe, en la vie. Il vient de quitter le nid familial. Je l’écarte rapidement. Il est jeune…trop jeune. Je craque lors d’un départ pour La Rochelle… Ma Rochelle. Il monte dans ma voiture. Jusqu’en Juillet 2005 c’est le bonheur. Le silence et la gravité des choses humaines, des relations avec cet ange que je déplore quand elles se refusent au complice ! Silencieux, mature, sage, talentueux, précis mais indécis, pure et naïf. Il volera maintenant de ses ailes, que d’autres rencontres ne manqueront pas de briser, comme j’ai pu casser les miennes, avant lui, ces années passantes.

 

Je suis à ce jour célibataire, libre et libéré !

 

Professionnellement, mon parcours est chaotique : J’ai eu ou géré plusieurs restaurants ou hôtels-restaurants, bricolé dans la brocante, relié des personnes et des affaires pour LVMH, défilé sur des collections en dernier ressort, lavé des assiettes dans une crêperie, cuisiné dans des macarons Michelin, vendu du cognac et du champagne, vendu de la pub pour FUN ou Skyrock, développé des logiciel…bref ! Aujourd’hui je suis gérant d’une société d’édition de logiciel, centre de formation. Demain, quand je serai grand, je serais peut être… Suis-je instable ?

 

Age : 42 ans, Taille : 1,89m,  Poids : 79kg  Yeux noisette, cheveux châtain. Pas trop mal foutu. Signe particulier : un grain de beauté sur la glotte, piercing au sein gauche, tatouage flan droit. Assez intelligent, drôle, cool, sexy… voir beau ;).  Pour certain : j’ai les yeux qui puent le sexe (merci Gaël). Jeune,  immature et déluré. Par l’âge : pas encore vieux con…posé, sérieux, juste voir sage. Homo mais pas pétasse ni folle (beurk) un mec quoi ! Pas over looké mais pas ringue voir original. Pas super fragile mais sensible…trop…à fleur de peau. Gentil et empathique, susceptible et jaloux, envahissant et gonflant. Parfois léger, idiot souvent angoissé et silencieux. Déluré…je ne crache pas un taz, ne mouille pas les bédos ou ne souffle pas sur une ligne…pour certain je suis extrême. J’aime la vie, la vie est belle !

 

Quel âge me donne-t-on? Moins que le réel. J’aime bien le Q10

 

Sacha Guitry disait : Il n’y a rien de plus ennuyeux que les gens qui racontent leur vie ! Pardon de vous avoir ennuyé…Je ne recommencerai plus. Mais maintenant vous me connaissez…enfin...un peu !

 

Certains pourrons comprendre qu'aujourd'hui le calendrier ne me permet pas de faire une note réfléchie. Juste reprendre celle du 1 février.

 

QLBSAV®

 

PS : Merci Filipe pour ton message ca ma touché profondément.

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mercredi, 25 octobre 2006

Pourquoi suis-je né (2)

Ne me demandez pas pourquoi je re-publie cette note du 30 mars.

 

Ma grand-mère…Mounette, était née le 4 janvier 1900 à 18 h. Le jour de son anniversaire, le 4 janvier 1993, nous étions tous les deux. Alors que je venais de lui apprendre mon homosexualité, délicatement, voir maladroitement, elle était assise dans un grand fauteuil rouge. Elle me tendit ses mains. Une larme coulait de sa joue. Elle reniflait. «Et ? » « Et alors ? » « Bien mon BB, et alors ». Je me souviens juste de son regard attendri et inquiet. Je pleurais. Son BB, surnom qu’elle me donnait, venait de lui avouer ce quelle, peut être, avait déjà ressenti en moi. Je me souviens aussi d’un silence pesant et de cette peur d’être renié, piétiné ou jugé par les autres car tout devait se savoir. Je lui tendais un mouchoir lorsqu’elle me dit  « La vie est belle mon BB...mais elle ne sera pas facile tous les jours pour toi maintenant! ».

Quel souvenir ancré au plus profond de moi que ce soir la. Le repas fut laconique et gracieux. Nous avions parlé de tout, sauf de ca…mon homosexualité. Je rentrais ce fameux soir à Pornic. Trois jours plus tard je recevais une lettre. Lettres et papiers que je garde toujours précieusement dans mes archives personnelles.

Nantes le 5 janvier 1993

Mon Jean, mon BB,

Je vais bien mon tendre. Tu as oublié tes cigarettes et ton beau briquet à la maison. Tu es parfois étourdi.  Merci pour ce foulard de soie, de ta venue, de ta joie, de ta confiance, de ta voix et de ta présence. Je t’aime mon enfant. Je veux t’aider.

Tu es ou seras, peut être et selon tes choix, condamné à une vie qui ce répétera toujours, et encore, comme les autres, comme la mienne. Car les vies sont statiques, répétition d’une pièce déjà jouée cent fois. Mais tous n’ont pas la chance de répéter la bonne scène, le bon acte. Tu dois être le premier sur la scène et jouer tous les actes, le rôle principal. Apprends. Tu sais que ta vie est vouée, maintenant à certaines humiliations. Prépare-toi-en mon bel enfant ! Je ne suis une vieille perdue dans mes livres, mes souvenirs et ma maison. Etre homo, j’en ai connue beaucoup, c’est comme avoir un cancer sans pouvoir le dire à personne. C’est cela, un vice caché…enfin dans mon époque qui n’est plus actuelle. De nos jours, c’est de l’ordre du vivable. Vis-le. Protège-toi.

Mais j’ai peur mon grand, oui peur. Aux informations, ils nous préviennent d’un cancer gay. Fais attention à toi ! Regarde autour de toi et sois sérieux dans tout ce que tu entreprends. Tu es si fragile. Et puis Tu sais cela te répugneras peut être d’être homo, je te connais trop bien. Peut être, tu foutras ta vie de cœur en l’air, ca te videra comme une tumeur ou un parasite ou tu perdras ton temps à fantasmer sur des hommes intouchables, à mentir a ta famille. C’est un milieu de gens et de passions superficielles et éphémères. Sans faire de généralité bien sur, tu peux tomber ou vibrer pour un être exceptionnel que tu mériterais. Mais je veux que tu saches que de ma petite vie restante à échoir, je suis avec toi, en toi et pour toi. Je t’aime mon enfant.

Mounette

PS : Tu devras être désiré, et non pas possédé, car, désiré : tu  resteras éternellement convoité, possédé : tu y perdrais ton âme et ton charme. Tu es si beau.


Je sanglote encore parfois, de ce texte, d’elle. Pure et belle que cette personne. Elle me quitta d’un cancer le 17 juin 1996. La veille de son départ, là-bas, là-haut, elle tendit un morceau de papier à l’infirmière en lui disant de me le remettre discrètement le jour ou elle sortirait de sa chambre. Sortie quelle n’avait jamais imaginée debout. Sur ce papier, au dos d’une ordonnance de médecin est écrit :

Je vous quitte tous, mon bel ange. Ne me pleure pas je suis et serait ton autre étoile avec ta fille. Vis et respire en nos places. Je rejoins les oubliés de tous sauf de nous deux. J’embrasse très fort Manon, je suis avec elle maintenant. Ne t’inquiète de rien là-haut tout est mieux que tout. Je t’aime. Nous t’aimons. A bientôt au plus tard de ta vie. Mounette ta Grand-mère.

QLBSAV@ (Que le bisou soit avec vous)

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samedi, 14 octobre 2006

Vieux souvenirs !

medium_Photo_087.jpgCoup de téléphone de Barbara ce matin (Une amie de 30 ans qui en a 57 ans (lol) et qui est au Mexique). Nous parlions de nos vieux souvenirs…

 

Bon oui parfois je me la pète grave ! Encore maintenant ! Bon ceux qui me connaissent bien le savent …Je suis jamais sûr de moi. Je doute toujours Je suis légèrement narcissique comme beaucoup de PD (bah ouais ! je suis homo c’est noté là-haut !) et parfois un peu mégalo (Bah oui je colle toujours des pics de mouaaaa ). Bref : pas un cadeau. Mais, honnêtement, je ne me trouve pas si terrible, je suis grand, j’ai un peu charme…Ok…ça passait juste pour les défilés. Je fus mannequin un jour…mdr !

 

De 1978 a 1991 j’étais dans l’agence de Barbara (c’était elle la chef ! mmmm) et je servais à « boucher les trous » ! Je vous rassure…à l’époque, j’étais hétéro…enfin… de sexualité, un peu plus sportif que maintenant et surtout plus jeune. Mieux foutu et plus frais quoi ! Il fallait parfois un zozo pour remplacer le mannequin absent, malade ou pour compléter une équipe etc... J’étais là pour ça. En cette période j’ai pu assister à une 50 aine de défilés et en faire réellement qu’une bonne 20 aine. J’y ai vécu des instants inoubliables, mais aussi parfois, reçu certaines brimades qui me sont toujours à l’esprit et que Barbara m’a fait resurgir ! J’en souris…maintenant !

 

Barbara montre my book :

Jean-Paul Gautier en 1983. « Il est marrant celui-là, moche mais marrant …pas mon genre » Pfff!

Hilary Benson (Clavin) « Lovely but so…very impersonal my dear! »

Balmain 1985 : Les cheveux longs ce n’est pas le genre de la maison. Nous n’habillons pas les homos.

Emmanuel Ungaro 1986 : Y’a trop de boulot a faire sur ce mec. Il va nous coûter cher, trouve-moi-en un mieux ma chérie !

Balenciaga 1989 : «  Ma chérie, c’est bien parce que tu me le demandes expressément que je le prends, mais tu sais : il n’a pas de fesses et il a un regard un peu vitreux non ?

 

Défilés et shoots :

Lorris Azzaro pour qui j’ai fais la campagne du parfum Azzaro en 1979 m’avait dit dans un jargon incompréhensif lors d’une séance photo « Tu as une tête de con et des yeux trop chaud… y’a rien a en faire de toi» glurp’ssss ! Je me suis retrouvé sur 11000 4 par 3 pendant 1 an. Bah oui « Pour l’homme qui aime les femmes qui aiment les hommes »…C’est à mourir de rire voyant la tapiolle que je suis devenue !

Laura Petterson (une pouffetasse américaine carénée (refaite), qui travaillait pour Cosmo N.Y) lors du défilé de Valentino en 1986 m’accoste et se plaint de la sécurité (je ne sais plus pour quel problème). Je lui précise que je ne suis pas ici pour ça, que je suis mannequin et que défile tout a l’heure. La tête haute, elle me dévisage de la tête au pied et me dit « Et bien…la maison a bien changé ».
 
K.Lagerfeld, pour Dunhill 1991, m’arrange mon col de chemise, j’étais maquillé, coiffé et habillé… magnifique quoi lol. Il interpelle mon amie Barbara en lui disant « Chérie, c’est tout ce que tu m’as trouvé ! »

Défilé, à Milan pour Moschino, J’avais un pantalon blanc… j’ai dû annuler…vexé et ne pas être payé car un connard de collègue plus moche que moi et jaloux : il avait mis un morceau de chocolat sur mon siège en back. Imaginez la suite même si je ne suis pas passé en pod…Scandale !

Défilé à Paris pour Yamamoto en 1987. Nous étions en string sous nos pantalons (époque un peu près du corps). Une habilleuse reprend une couture de braguette directement sur moi en passant sa main dans le pantalon. j’ai dû passer mon tour et attendre un peu… j’avais une érection incontrôlée ! bah oui ça arrive aussi ça ! De plus, elle avait cousu le string avec le pantalon !

Dans un journal Espagnol en 1984, après un défilé de P.A.P Paco Rabanne, il y avait un article ou le journaliste précisait que le choix des supports (Mannequins) était loupé ! dans le genre « Défilé de thons mal habillés ». Ce jour la je passais trois fois sur le pod.

 

Bref je vous en passe des plus vertes et des moins mures, mais ça permet quand même de relativiser non ?

 

QTBSAV® Que thon bisou soit avec vous.

 

Ps : Pour ceux qui ne désireraient pas me croiser, ce soir : Les bains Douches, soirée PLAY! alors je vais aller jouer grave!

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mardi, 26 septembre 2006

J’ai mes 42 années !

medium_Image9.jpgIl est commun de ne pas voir ses défauts, facile de les constater, malaisé de lutter contre eux, impossible de les cacher. Surtout à cet âge…je deviens vieux.

42 Ans. Putain de claque dans ma gueule. Mon fils a plus de 20 ans. Je pourrais être bientôt grand père. Mes parents ont 70 ans passés. Mes amis ont pour la plupart plus de 35 ans. Je ne sais si je peux dire que je suis vieux ! Parfois oui, d’autre non. Mais putain de claque dans la gueule.

Quarante ans, c'est la vieillesse de la jeunesse, c’est pour moi maintenant mes derniers moments de vieux jeune ! Dans quelque temps, je serai un jeune vieux !

Ma vieillesse : cet alibi, cet événement inattendu, ce « porte coup » à la mémoire, ce câlin avec le temps. Tyran. Elle apporte une lucidité dont la jeunesse est bien incapable et une sérénité bien préférable à la passion mais elle est par elle-même une humiliation, une maladie…impitoyable, inguérissable. Je ne veux pas être lucide et serein mais fougueux et passionné car elle n'est pas autre chose que la privation de folie, l'absence d'illusions et de passion, une putain de vieillesse, putain de claque dans ma gueule.

Il y a les amis qui m’affirment faire 32-33 ans pour me faire plaisir, où peut être pour flatter mon égaux de mec narcissique. Si l'âme n'était que l'idée du corps. Mais je commence à avoir des manies de vieux garçon. Je radote parfois et ressasser des souvenirs est un signe de vieillesse. Je vois bien mon bas-ventre s’arrondir et qu’il devient difficile de le conserver plat sans manqué l’étouffement. Mes fesses devenir flasques et pendantes. Mon dos se courber un peu chaque jour. Mes pattes d’oie s’enfoncer pour en devenir des pattes d’autruche. Mon front se peler de crevasses qui me partagent le visage même si cette vieillesse m’attache plus de rides en l'esprit qu'au visage. Je m’arrache les poils du nez ou des oreilles. Ce soir je vais même regarder si je n’ai pas les couilles qui tombent et des poils blancs quelque part. J’ai déjà les tempes grisonnantes. Je deviens un vieux ! Putain de claque dans ma gueule.

« C'est merveilleux la vieillesse... dommage que ça finisse si mal » écrivait P.Blaise. Je ne veux pas te contrarier mon cher Pascal…mais non ce n’est pas merveilleux. La vieillesse est si longue qu'il ne faut pas la commencer trop tôt. C’est la fumée qui est la vieillesse du feu. C'est une des pires humiliations, de ne rien recevoir que de la pitié.

N’ayez pas pitié je vous en prie, je ne suis qu’à cette ombre…de ma vieillesse. Bah ! pas le moral du coup après avoir écrit toutes ces conneries. Ça vaut mieux que d'être mort.

Putain de vieillesse, putain de claque dans ma gueule..

Qu’un vieux bisou, un bisou de vieux soit avec vous !

Ps petite chanson envoyée par Filipozen :
podcast
 mdr!

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mercredi, 20 septembre 2006

Questionnaire de Proust

medium_IMGP0535.jpgNote trop peut originale…

Votre principal trait de caractère ?
Vivant
Votre principale qualité ?
Etre un doux… vrai.
Votre principal défaut ?
Etre secret.
Votre occupation préférée ?
Rien foutre.
La qualité que vous recherchez chez un homme ?
Humour et largeur d’esprits.
La qualité que vous recherchez chez une femme ?
D’en être une…une vraie.
Qu'appréciez-vous le plus chez vos amis ?
Leur originalité et leur amour.
Que possédez-vous de plus cher ?
Ma montre Breitling Navitimer World (collector N°49/50)…les humains ne se possèdent pas, mais se méritent.
Qu'avez-vous réussi de mieux dans votre vie ?
Mon fils (même si je n’y suis pour rien)
Votre plus grande inspiration ?
Le matin… au chiotte
Votre plus grand bonheur passé ?
Une naissance
Votre plus grand malheur passé ?
Un décès
Votre plus grande peur ?
De n’être plus aimé
Votre plus grand regret ?
Certaines rencontres.
Le pays où vous désireriez vivre ?
Ici, à New York, en Espagne et ailleurs.
Le don de la nature que vous souhaiteriez avoir ?
Voler
Seriez-vous capable de tuer quelqu'un ?
Oui
Croyez-vous à la survie de l'âme ?
J’espérerais.

08:35 Publié dans Pourquoi suis-je né | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note

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